Cannabis à visée thérapeutique

Mercredi 12 décembre 2018, le comité scientifique pour évaluer la pertinence de l’usage à visée thérapeutique du cannabis créé par l’agence du médicament (ANSM), composé de 13 personnes comprenant des médecins, des spécialistes en sciences humaines et éthique et associations de malades a voté ses premier avis :

 

OUI à l’autorisation de l’usage du cannabis à visée thérapeutique pour les patients dans les situations cliniques listées ci-dessous et en cas de soulagement insuffisant ou d’une mauvaise tolérance (effets indésirables) des thérapeutiques, médicamenteuses ou non, accessibles (et notamment des spécialités à base de cannabis ou de cannabinoïdes disponibles).

  • dans les douleurs réfractaires aux thérapies (médicamenteuses ou non) accessibles ;
  • dans certaines formes d’épilepsie sévères et pharmacorésistantes;
  • dans le cadre des soins de support en oncologie;
  • dans les situations palliatives;
  • dans la spasticité douloureuse de la sclérose en plaques;

OUI pour qu’une évolution de la législation permettant l’usage à visée thérapeutique du cannabis, soit mise en œuvre.

NON à la voie d’administration « fumée » pour l’usage du cannabis à visée thérapeutique considérant le risque pulmonaire et cardio vasculaire induit par la combustion du cannabis quand il est fumé. Le Comité rendra ultérieurement un avis détaillé sur les différentes voies d’administration potentiellement pertinentes pour l’usage à visée thérapeutique du cannabis.

OUI, compte tenu du premier avis favorable à l’autorisation de l’usage pour que tous les patients ayant un usage de cannabis à visée thérapeutique, bénéficient dès maintenant d’un accompagnement médical dans une démarche bénéfice/risque.

OUI, considérant la nécessité de poursuivre l’évaluation scientifique du bénéfice/risque de l’usage à visée thérapeutique du cannabis, à ce qu’un suivi des patients traités avec du cannabis à visée thérapeutique soit mis en place sous forme d’un registre national pour assurer une évaluation de son bénéfice/risque ; qu’une évaluation des effets indésirables soit régulièrement faite par les autorités sanitaires à partir des données de ce registre et de l’expertise des réseaux de pharmacovigilance et d’addictovigilance ; que des études (académiques, industrielles), notamment contrôlées, soient réalisées ; que des appels à projets spécifiques soient mis en place pour favoriser la recherche académique.

Autant de questions restent à discuter (quel prescripteur ? quels cannabis ? quelle délivrance ? quel financement ou remboursement ?) pour ce comité qui devrait se réunir à plusieurs reprises lors du premier semestre 2019 pour faire des propositions concrètes sur les modalités d’une telle mise en œuvre de l’accès au cannabis à visée thérapeutique. 

N. Authier

Pour en savoir plus 

https://www.ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information

https://theconversation.com/cannabis-a-usage-medical-la-france-engage-officiellement-la-reflexion-101624